Comme on l'aura
déjà constaté par ailleurs sur ce site, j'aime
à me prendre le choux sur des détails qui n'interessent
personne. Dans la pure lignée de cette tradition je vous propose
un petit voyage au coeur de la boîte de vitesses et de la
transmission finale en cherchant à répondre à la
question "fait-y chaud là d'dans?". En cas de réponse,
nous tâcherons de trouver une jolie conclusion.
D'abord l'idée m'est venue un jour en lisant
cette
page de
Duane Ausherman.
C'est un de mes sites préférés de par son
côté pragmatique.
Travaillant à l'époque dans une
société qui fabriquait entre autres des sondes de
température, il ne devait pas être difficile pour moi
d'aller voir le sujet de plus près. L'idée de base
était de faire simple sans trop de démontage. J'ai
cherché à remplacer les bouchons de remplissage de la
boîte et du "pont" par une sonde à visser. Pour la
boîte il me fallait une sonde avec un filet M18 X 1.5 et dont
l'extrémité n'interfère pas avec les pignons.
Même chose en M14 X 1.5 pour la transmission finale.
Parmi les pièces en production, je ne
trouvais qu'une sonde destinée à la transmission d'un
véhicule Land Rover qui puisse faire l'affaire. Je l'ai
légèrement modifiée (retrait de matière)
afin de diminuer son inertie thermique. Pour la boîte, il m'a
fallu fabriquer un adaptateur M18 X 1.5 mâle - M14 X 1.25 femelle
afin d'y adapter ladite sonde.

La sonde et l'adaptateur pour la boîte de vitesse. En
arrière plan, un outil inadéquat.
Sans démonter le carénage, il y avait
très peu de place pour passer un outil de 24 mm capable de
serrer l'adaptateur. Une première tentative avec un morceau de
tube en PVC (plomberie-sanitaire) formé à chaud sur
l'adaptateur se solda par un échec: pas assez solide,
l'adaptateur "tourne" dans l'outil. Restait la modification d'une
douille longue de 24 mm existante (dur à trouver et
chère) ou la construction d'un outil.

Ma douille maison
J'ai fait réaliser ma douille selon mes
instructions et mon plan par mes amis de l'atelier. Ils disposaient
d'une machine bien pratique pour découper des profils
polygonaux: une machine d'électro-érosion à fil
(on peut
la voir dans mon
article sur le changement du joint spy de "pont" de ma K1). Dans un
cylindre on découpe un hexagone de 24 mm. Dans un autre un peu
plus petit, un carré d'un demi pouce. Puis les deux cylindres
ont été soudés ensemble et recouverts d'une couche
de nickel par dépôt électrolytique (oui il y avait
aussi un atelier de galvanisation).
A présent connaissant la courbe R = f
(T°) de la thermistance, il ne restait plus qu'à mesurer.
Mais je voulais aussi m'affranchir de certaines tolérances de
fabrication. C'est pourquoi j'ai relevé la courbe R = f (T°)
exacte des sondes que j'avais grâce à une chambre
climatique (je travaillais au labo; c'était mon boulot et ce fut
donc facile).

Une sonde sur la boîte. Voyez comme la place autour de l'orifice
est comptée.

Une sonde sur le "pont".